
Questions fréquentes
A-t-on vraiment besoin des éoliennes ?
A-t-on vraiment besoin des éoliennes ?
Il existe aujourd’hui un consensus scientifique sur le réchauffement climatique qui est en cours et sur son origine : l’accumulation des gaz à effet de serre, principalement émis par la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Pour limiter ce réchauffement et ses conséquences, les pouvoirs publics (au niveau national, européen et international), ont décidé d’entamer une transition énergétique, c’est-à-dire le passage d’une société dite carbonée, consommatrice et dépendante des énergies fossiles, à une société décarbonée, plus sobre en énergie et consommant une énergie produite à partir de sources renouvelables (*).
Parmi celles-ci, le déploiement de l’éolien figure parmi les solutions privilégiées dans la constitution d’un mix énergétique permettant d’atteindre la neutralité carbone. Dans son étude prospective, Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a réalisé plusieurs scénarios pour assurer notre approvisionnement en énergie dans les prochaines décennies. En suivant le scénario « 100 % énergies renouvelables », il sera nécessaire de multiplier par 4 la puissance éolienne installée. Même dans le scénario impliquant une relance forte du nucléaire, il faudra la multiplier par 2,5. Que l’on aime ou non les éoliennes, ces études sont formelles : la transition énergétique ne pourra pas se passer du développement des éoliennes !
(*) Une énergie est qualifiée de renouvelable dès lors qu’elle produit plus d’énergie que celle dont elle a besoin au cours de son cycle de vie. Ce « temps de retour énergétique » correspond au ratio entre l’énergie totale consommée au cours de sa fabrication, de son transport, de son installation, de son recyclage et l’énergie produite annuellement. Dans le cas de l’éolien, il est estimé à 1 an.
L’énergie éolienne est une des énergies renouvelables les moins chères. Elle est donc aussi compétitive que les sources de production non renouvelables comme le gaz et le nucléaire. L’énergie éolienne se positionne aujourd’hui comme la 3ème source de production d’électricité en France, après le nucléaire et l’hydroélectricité. Dans le cadre de la nouvelle loi « d’accélération des énergies renouvelables » du 10 mars 2023, la France compte principalement sur l’éolien et le photovoltaïque pour assurer son autonomie énergétique.
Malgré la hausse récente du coût des matières premières, qui s’impose à toutes les sources d’énergie, l’éolien et le photovoltaïque restent très compétitifs : c’est la conclusion de la dernière étude annuelle menée en 2023 par la banque Lazard.
Sources : bilan électrique RTE 2022,étude de la banque Lazard
Sources : GIEC, ADEME, RTE scénarios futurs énergétiques
Pourquoi les éoliennes sont parfois arrêtées ?
Pourquoi les éoliennes sont parfois arrêtées ?
Les éoliennes tournent 85% du temps en moyenne. Plusieurs causes peuvent expliquer l’arrêt des éoliennes :
Lorsque la vitesse du vent est trop faible, en dessous d’environ 10 km/h (2,8 m/s), ou lorsque qu’elle est trop forte, au-dessus de 90 km/h (25 m/s), les pales sont mises en drapeau et arrêtées.
Les machines font régulièrement l’objet de maintenance préventive ou corrective qui nécessitent leur arrêt ponctuel.
Des travaux de maintenance et de réparation des réseaux électriques de transport ou de distributions réalisés par ENEDIS peuvent aussi nécessiter un arrêt des éoliennes.
Les éoliennes peuvent être brider pour des enjeux acoustiques ou de biodiversité.
Ces périodes d’arrêt sont anticipées dans les prévisions de production dès la conception du projet.
A attention, il faut distinguer le temps de fonctionnement d’une éolienne et le facteur de charge. Le facteur de charge d’une éolienne est une unité de production électrique qui représente le ratio entre la production moyenne de l’installation ramenée et la production théorique si elle fonctionnait en permanence à pleine puissance. Il fournit donc une indication importante pour calculer la rentabilité d’une installation électrique. Plus le facteur de charge est élevé, plus l’installation est rentable. D’après RTE, le facteur de charge éolien moyen en 2020 était de 26,35%. Ce sont les améliorations technologiques qui permettent l’augmentation des facteurs de charge.
Source : bilan électrique RTE
Les éoliennes ont-elles un impact sur les oiseaux et les chauves-souris ?
Les éoliennes ont-elles un impact sur les oiseaux et les chauves-souris ?
Avant d’implanter un parc éolien, des études sont réalisées pour analyser le comportement des oiseaux et des chauves-souris. Ces enjeux sont pris en compte pour définir l’implantation des éoliennes. Par ailleurs, il est possible de brider les éoliennes, c’est-à-dire de les ralentir voir les arrêter si c’est nécessaire selon des périodes de forte activité́ des chauves- souris.
Selon les derniers chiffres parus dans une étude menée par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) en 2017*, le taux de mortalité dû au fonctionnement de l’éolien en France est environ égal à 4 oiseaux par éolienne et par an. Ce chiffre peut varier selon la configuration du parc éolien, le relief, les conditions météorologiques ou encore la densité de l’avifaune.
A titre indicatif, les réseaux routier et électrique sont respectivement responsables de la mort de 30 à 100 et de 40 à 120 oiseaux par km par an.*
Source : Le parc éolien français et ses impacts sur l’avifaune – Etude des suivis de mortalité réalisés en France de 1995 – 2017, LPO France
Les éoliennes font-elles du bruit ?
Les éoliennes font-elles du bruit ?
Les éoliennes sont soumises à la législation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) qui fixe les mesures nécessaires pour prévenir les impacts sur l’environnement et le voisinage : obligation générale d’implantation des éoliennes à plus de 500 mètres des zones destinées à l’habitation, niveau de bruit incident fixé par l’arrêté préfectoral d’autorisation (+3dB la nuit et +5dB le jour par rapport au bruit ambiant).
La réglementation française en matière acoustique est extrêmement stricte, c’est pourquoi des études sont réalisées en amont par un expert indépendant afin de déterminer une implantation optimale. Le bruit résiduel est mesuré à l’aide de sonomètres au niveau des habitations les plus proches de la zone d’études. Il est ensuite possible grâce à des simulations de prévoir la propagation du son autour de plusieurs éoliennes et de limiter ainsi tout risque de nuisance sonore.
Au-delà, les éoliennes font l’objet de perfectionnements techniques constants : engrenages de précision silencieux, capitonnage de la nacelle… Au bout des pâles un nouveau système est installé en forme de peigne appelé « système de serration », cela permet d’atténuer les turbulences ce qui réduit le bruit aérodynamique provoqué par les pales lorsqu’elles fendent l’air en tournant.
Y aura-t-il un impact sur le prix de l’immobilier ?
Y aura-t-il un impact sur le prix de l’immobilier ?
La présence d’éoliennes sur un territoire ne provoque pas de chute significative de la valeur des biens immobiliers. La dernière étude en date sur ce sujet, publiée par l’ADEME en mai 2022, indique que dans 90 % des cas l’impact de l’éolien est inexistant. Pour les 10 % restants, c’est-à-dire pour les biens les plus proches situés à moins de 5 km, il est jugé « très faible » et comparable à la présence d’autres infrastructures comme les pylônes électriques ou les antennes relais. L’ADEME note par ailleurs que cet impact n’est pas absolu : il est de nature à évoluer dans le temps (besoins et attentes des citoyens sur leur environnement, perception du paysage, transition énergétique). Ces conclusions ont été réalisées sur la base de données à la fois qualitatives et quantitatives (bibliographiques, statistiques, entretiens, etc.).
Source : ADEME
La réception de la télévision peut-elle être perturbée ?
La réception de la télévision peut-elle être perturbée ?
Dans certains cas, l’implantation d’éoliennes, comme tout aménagement du territoire, peut perturber le réseau hertzien. La réglementation oblige le porteur de projet à régler la situation si elle se présente. La plupart du temps, il s’agit de l’installation d’une parabole, aux frais de la société d’exploitation du parc éolien.
Eolien et élevage font-ils bon voisinage ?
Eolien et élevage font-ils bon voisinage ?
Les études menées par l’Agence Nationale de Santé et la profession agricole ont démontré l’absence de risques sanitaires liés aux infrasons ou aux champs électromagnétiques pour les troupeaux au voisinage d’un parc éolien éoliens.
La présence de courants électrique parasites dans les exploitations agricoles, qui peuvent créer un inconfort pour les animaux d’élevage notamment les bovins, est quant à elle très rarement imputable au voisinage avec un parc éolien. En effet, ce risque concerne avant tout les installations électriques à proximité immédiate ou à l’intérieur des exploitations agricoles. Il peut être totalement éviter par des précautions de base sur la mise à la terre des bâtiments et installations agricoles. La profession agricole dispose de beaucoup de recul sur cette question et les chambres d’agriculture peuvent accompagner les exploitants qui souhaitent s’engager dans une démarche de prévention et de mise aux normes de leurs installations. Vous êtes éleveur et vous avez une question sur le sujet? N’hésitez pas à nous contacter.
Comment un parc éolien est-il raccordé au réseau existant ?
Comment un parc éolien est-il raccordé au réseau existant ?
Pour que l’électricité produite puisse être utilisée par des consommateurs, les éoliennes doivent être raccordées au réseau électrique existant.
L’opération de raccordement est un préalable à l’accès au réseau, dont la transparence est garantie par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Pour cela, les professionnels éoliens travaillent en permanence avec les gestionnaires du réseau électrique et les institutions chargées de ce sujet afin de répondre aux défis posés par le développement des énergies renouvelables. Il faut pouvoir garantir l’injection sur le réseau de ces nouvelles productions d’électricité.
L’énergie électrique produite par les éoliennes sera transportée, via des câbles souterrains, jusqu’à un poste de livraison, installé sur site à proximité des éoliennes. L’électricité est ensuite acheminée vers un poste source du gestionnaire de réseau de distribution d’électricité et en capacité d’accueillir la puissance installée des éoliennes.
Le gestionnaire de réseau de distribution est le seul décisionnaire du tracé de raccordement entre le poste de livraison et le poste source, dont la liaison est enterrée. L’enfouissement des câbles se fait en grande majorité le long des chemins et routes existants et à créer pour la desserte des éoliennes. Aucune ligne électrique aérienne n’est construite.
Une fois acheminée au poste source, l’électricité produite est redistribuée sur le réseau national de distribution.
Quelle est la durée de vie d’un parc éolien ?
Quelle est la durée de vie d’un parc éolien ?
La durée de vie d’une éolienne est de 20 à 30 ans. Une fois arrivées au bout de leur cycle de vie, les éoliennes peuvent soit être remplacées par des machines neuves et plus modernes, sous réserve d’une nouvelle autorisation préfectorale, soit être démantelées. Les conditions de démantèlement des éoliennes sont encadrées par la loi. Conformément à l’article R.515-106 du Code de l’environnement et à l’arrêté du 26 août 2011 (version modifiée par les arrêtés du 22 juin 2020 et du 10 décembre 2021 et du 11 juillet 2023), ce retour à l’état initial est à la charge de l’exploitant du parc éolien.
Le démantèlement des éoliennes comprend l’excavation (évacuation) de la totalité des fondations, le retrait des postes de livraison et des câbles électriques, et l’obligation de procéder à la réutilisation, au recyclage, à la valorisation ou à défaut à l’élimination des déchets. L’arrêté du 11 juillet 2023 oblige en effet les développeurs éoliens à garantir une somme minimale de 75 000 euros ( la garantie est majorée en fonction de la puissance de la machine).
Dans le cas où l’exploitant fait faillite et ne peut assurer le démantèlement, ce qui n’est jamais arrivé en France depuis la construction des premières éoliennes dans les années 1990, l’État utilise cette somme pour agir. La vente pour recyclage des matériaux de l’éolienne, ainsi que la somme provisionnée permet de financer le coût de l’opération.
Une première expérience de démantèlement a eu lieu en 2019 à Port-La-Nouvelle dans l’Aude. ENGIE Green a démantelé son parc de 5 éoliennes et en a recyclé 96 %.
Concernant le recyclage, les machines sont démantelées et recyclées pour 90 % de leur poids total et les fondations en béton sont enlevées et remplacées par de la terre possédant les mêmes similitudes géologiques que le terrain où elles étaient installées. S’agissant des pales, celles en fibre de verre sont incinérées pour produire de la chaleur, ou mises en décharge. Les pales en fibre de carbone pourront faire l’objet de revalorisation matière : les filières de recyclages sont en cours de constitution.
Il est à noter qu’à compter du 1er janvier 2024, tout nouveau parc autorisé devra, lors de sa fin de vie, respecter les objectifs suivants : 95 % de la masse totale, toute ou partie des fondations incluses, devra être réutilisable ou recyclable. La masse des rotors réutilisable ou recyclable devra être de 45 % pour les parcs autorisés après le 1er janvier 2023 et de 55 % après le 1er janvier 2025.
Ressources pour aller plus loin
Pour aller plus loin, nous vous suggérons de consulter les documents suivants :